Le "Richelieu"


Le Richelieu en 1943.


Le "Richelieu" en 1943.
Non, vous ne voyez pas, là, plusieurs navires. Il s'agit simplement d'un camouflage.

Ce qui frappe en 1943, c'est l'incroyable dispersion géographique de la marine française.
On trouve des navires français, non seulement en Angleterre, en Egypte et en Afrique du Nord, mais aussi dans les différents pays de l'empire, notament en Indochine et aux Antilles.
Parmi ces éléments très divers, deux seulement sont réellement opérationnels : les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) et, dans une moindre mesure, les Forces Maritimes d'Afrique (FMA).
Les Forces Maritimes d'Afrique, comptent 31 000 hommes servant sur 136 000 tonnes de batiments. Les navires sont baséa à Dakar, au Maroc et en Algérie. Ils ne sont pas tous opérationnels et ceux qui le sont souffrent d'une nette infériorité technique par rapport aux grandes flottes de l'époque, aussi bien alliées qu'ennemies.
Les deux plus gros navires des FMA, sont le Richelieu et le Jean-Bart, deux cuirassés de 35 000 tonnes.
L'escadre de Dakar est de loin la plus importante. A part le Richelieu, tous les navires sont opérationnels et prêts au combat, même s'ils manquent de la DCA et des installations radar qui existent sur les navires de combat des autres marines.
Le Richelieu est en état de prendre la mer, même si l'une de ses lignes d'arbre est endomagée et que la coque est déformée, suite à l'explosion d'une torpille de Swordfish, le 8 Juillet 1940. En outre, trois de ses huit pièces de 380 m/m ont été détruites lors du même combat, non en raison d'un coup au but, mais par explosion prématurée des obus.
Une tourelle de 380 m/m sera démontée sur le Jean-Bart, pour le réparer.

De courts essais en mer auront lieu en janvier 1943, afin de savoir si le cuirassé est en état de traverser l'Atlantique.
Ceux-ci se révèlent satisfaisants. Le navire a été allégé par la dépose de tout le matériel non nécessaire, notamment celui qui sera remplacé ou supprimé à Brooklin : la DCA et les installation des hydravions.
L'appareillage pour New-York a lieu le 30 janvier 1940, en compagnie du Montcalm. La traversée de l'Atlantique, à 14 noeuds seulement de moyenne est longue, et les deux navires ne s'engagent dans l'Hudson River que le 11 février. Le 18, il entre dans le dock n° 5 de l'arsenal de Brooklin et les travaux commencent immédiatement.


Photo prise en Février 1943, lors de l'arrivée à New-York du "Richelieu".

Les travaux sont menés avec une incroyable célérité, puis qu'ils sont achevés dès le 26 août. Quand il quitte l'arsenal de Brooklin, le Richelieu compte 86 officiers, 287 officiers mariniers et 1557 matelots.
Après une période d'essais en mer, de la fin août à fin septembre 1943, le Richelieu appareille de Boston le 14 octobre, à destination de Mers-el-Kébir.